Coronavirus Partie I : Le choc

*De gauche à droite, construction en urgence d’un hôpital à Wuhan, cadavre abandonné à Wuhan, Tedros Adhanom Ghebreyesus – Directeur Général de l’OMS – et la bourse de Paris.

L’émergence de Covid-19 en décembre 2019 rappelle à l’humanité qu’elle ne peut être totalement maîtresse de sa destinée. Nos avancées technologiques bien que prodigieuses ne nous garantissent pas un total contrôle de notre environnement. Au 9 mars, il y a eu plus de 113225 contaminés et 3964 morts, le taux de mortalité se chiffre entre 2% et 4% contre 0.1% pour la grippe saisonnière(1). La propagation rapide de la maladie s’explique par l’interdépendance économique avancée au sein du concert des nations. Comble de l’ironie, la Chine, usine du monde se trouve être l’épicentre de l’épidémie. Trois mois après le début de cette crise, il nous apparaît déjà les premières tendances. Économiquement bien sûr, la machine se grippe, il reste à déterminer l’impact de ce phénomène dans les politiques intérieures et extérieures des États.

De l’impact économique…

La place centrale de l’Empire du Milieu au sein des échanges mondiaux provoque un questionnement sur la dépendance de nombres de pays. Que ce soit dans les télécoms, les produits pharmaceutiques, et les biens manufacturés pour ne citer qu’eux, les grandes entreprises cherchent d’autres sources d’approvisionnement. Sanofi acteur majeur a annoncé la création d’une usine de principes actifs en Europe(2). Ce revirement s’inscrit dans la durée pour les produits dits stratégiques. Pour les biens manufacturés, si la crise dure, les sociétés n’auront d’autres choix que de trouver de nouveaux fournisseurs. Autre facteur et non des moindre, la main d’œuvre chinoise jadis bon marché a vu son coût augmenter. Les pays du Maghreb, d’Amérique Latine ou d’Asie pourront bientôt tirer leur épingle du jeu. Pour relancer son industrie, Zhongnanhai -siège de la présidence chinoise- s’apprête à injecter des milliards de Yuans, mais cette aide risque d’être prématurée. L’épidémie se trouve dans une phase ascendante – elle se répand sur les 5 continents – et les pays touchés ralentissent leurs activités. L’ensemble de ces éléments annonce un Krach boursier. Les banques centrales auront beau injecter des sommes astronomiques, si la production et la consommation poursuivent leurs baisses, rien n’y changera. Les pays feront face à des crises internes d’amplitudes diverses, selon le mode de fonctionnement de leur société.

À la crise politique intérieure…

Le coronavirus pousse l’ensemble des régimes politiques dans l’inconnu, la dernière grande pandémie date de la première guerre mondiale(3). Les régimes autoritaires se voient déjà reprocher la rétention d’informations et le manque de réactivité. Les démocraties apparaissent bien plus réactives et transparentes, mais elles manquent de contrôle sur les masses. Au poids de l’opinion s’ajoute le ralentissement économique, la tension monte. En Chine, le peuple ne supporte plus les mensonges du parti. L’emprise du PCC -Parti Communiste Chinois- sur la population apparaît bien chère payer pour le gain obtenu. L’émergence de la maladie a été dissimulé pendant un mois et les lanceurs d’alertes mis sous silence(4). Ironie de l’histoire, la révolution qui a vu la chute de la dynastie Qing en 1911 s’amorça à Wuhan. Pékin est-il en train de vivre son Tchernobyl ? En Iran, le pouvoir n’encadre pas aussi bien sa population et possède un système de santé vétuste. Le mécontentement des iraniens concernant leurs dirigeants ne date pas d’hier(5), mais la pneumonie virale accentue la pression. Le point de rupture apparaît plus proche que jamais. Aux États-Unis, l’absence de couverture santé pour 27 millions de citoyens pose question sur la future gestion de l’épidémie. Nombres d’américains n’iront pas se faire soigner faute d’argent et propageront le virus. Les conséquences paraissent difficile à mesurer, mais la crise qui en résultera risque de bouleverser le paysage politique. Les nations avec un système de santé quasi inexistant, comme en Afrique s’apprêtent à connaitre des crises sanitaires et par effet domino, des problèmes politiques majeurs.

Aux changements Géopolitiques

Le virus se trouve présent sur la totalité du Globe et bouleverse les rapports entre les différentes nations. Des comptes seront demandés à la Chine pour la gestion calamiteuse de la crise à ses débuts(6). Les gouvernements recentreront leurs attentions sur leur zone d’influence proche et chercheront à diversifier leurs investissements. Il parait peu probable que Pékin reste l’usine du monde. Le retour de sphères d’influences régionalisées n’apparaît plus comme une utopie. En se rétractant sur des zones plus réduites, les États interviendront d’autant plus facilement pour protéger leurs intérêts. Il y aura plus de tensions. Les secteurs en conflit faciliteront l’émergence de foyers épidémiques(7), notamment avec les camps de réfugiés syriens en Turquie. Les pays ne pourront dès lors poursuivre leurs politiques avec une épée de Damoclès pouvant les affaiblir à tout moment. Il est possible de voir une Union Européenne enfin Unie pour faire face. Cette trame reste du domaine de l’hypothétique, mais bien moins qu’hier. Il n’apparaît pas utile d’énumérer tous les changements possibles, mais la tendance est là.

Conclusion

Toute cette analyse tient à une donnée et non des moindre, la durée de la crise. Difficile à prévoir, nous ne savons pas encore à qui nous avons à faire. Cette maladie deviendra-t-elle saisonnière ? Disparaîtra-t-elle au printemps ? Si la conception d’un vaccin est possible, il faut garder à l’esprit que seulement 50% à 30% des vaccinés échapperont au virus(8). Les personnes plus fragiles face à Covid-19 sont nos anciens, témoins vivant de notre passé. Un regain d’intérêt pour la conservation de notre histoire paraît inéducable, de même qu’un changement de traitement avec ces témoins vivants. Nous allons vers un chemin que personne n’a emprunté depuis le siècle dernier, celui de l’inconnu.

(1) https://www.cnews.fr/france/2020-03-08/la-grippe-saisonniere-est-elle-plus-dangereuse-que-le-coronavirus-932222

(2) https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/penurie-de-medicaments-sanofi-veut-creer-un-leader-europeen-des-principes-actifs-pharmaceutiques_700303

(3) https://www.histoire-et-civilisations.com/grippe-espagnole-premiere-pandemie-mondiale/

(4) https://www.franceculture.fr/societe/coronavirus-torrent-de-colere-en-chine-a-la-mort-du-lanceur-dalerte

(5) http://www.rfi.fr/fr/emission/20191202-autorites-iraniennes-face-revolte-populaire

(6) Covid-19 apparaît pour la première fois le 8 décembre 2019, la chine n’a réagit activement qu’à partir du 23 janvier 2020 par une mise en quarantaine de Wuhan.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/01/23/nouveau-virus-en-chine-avec-la-mise-en-quarantaine-de-wuhan-la-population-s-organise_6026929_3244.html

(7) Les zones de guerre avec leurs déplacés et leurs carences sanitaires – manque d’hygiène, sous nutrition et les groupements de populations – donnent aux épidémies un terrain d’expansion idéal.

(8) https://www.europe1.fr/sante/le-vaccin-contre-la-grippe-est-il-vraiment-efficace-3925615

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