Venezuela, un nouvel enjeu

De gauche à droite, Juan Guaido, manifestation à Caracas, exploitation de pétrole, Nicolas Maduro.

En 1999, l’élection de Hugo Chavez porte nombre d’espérances pour les vénézuéliens avec la fin de la dictature. Vingt années se sont écoulées et la politique bolivarienne s’avère être un échec(1). La corruption endémique et la pauvreté systémique ont été un temps masqué par la rente pétrolière. L’effondrement des cours de l’or noir déchire ce voile d’illusion. Le nouveau président Maduro s’appuie sur les financements chinois et russes, en attendant une hypothétique reprise du marché pétrolier. Seule une politique anti-corruption sans merci, un partage des richesses et une aide du FMI peuvent infléchir la tendance. Il est impossible que cela soit mis en place avec les actuels leaders. Caracas ne semble pas reconnaitre que la nation sombre un peu plus vers une instabilité et une crise économique historique, qui provoque des répercussions au-delà de ses frontières.

 

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Inflation au Venezuela d’une année à l’autre

 

L’appel de Juan Guaido pour une élection présidentielle permet de coaliser la contestation et ses différents courants. A cette pression intérieure s’ajoute des contraintes extérieures avec le gel des avoirs vénézuéliens et des défections(2). Malgré cela, le pouvoir tient bon. Le soulèvement militaire du 21 janvier 2019 ne s’est pas propagé et les manifestations quotidiennes n’ont rien changé. Il paraît évident que Nicolas Maduro ne partira pas sans être évincé par la force. Pire, le Venezuela devient un enjeu sur l’échiquier mondial. La Russie et la Chine ont investi des milliards et soutiendront l’actuel président jusqu’au bout. Les U.S.A. tiennent à leur pré-carré d’Amérique latine et pensent que le moment est venu pour un changement de régime, qui lui sera favorable. La division de la communauté internationale ajoute à l’explosivité de la situation. Chacun des camps comptent sur ses alliés extérieurs pour obtenir gain de cause. Seule des discussions à haut niveau entre les différents protagonistes peuvent diminuer les tensions.

 

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Il faut noter que les positions des pays de l’UE divergent depuis quelques jours. L’appel au dialogue laisse place à une division entre pro et anti-Maduro. L’Italie a bloqué un appel commun pour soutenir Guaido.

 

La situation peut rapidement dégénérer, la région connait déjà une instabilité chronique. La Colombie n’arrive pas à juguler l’influence des groupes armés. Les FARC ont déposé les armes, mais d’autres comme l’ELN continuent à combattre. L’apparition d’une guerre civile au Venezuela favoriserait la venue de groupes armés extérieurs. Les milices financées par les cartels verraient la faiblesse de ce pays comme une occasion d’agrandir leurs possessions et la création de nouveaux réseaux de trafics. Plus la crise durera, plus le risque d’une guerre civile augmentera. La communauté internationale se doit de trouver une solution rapidement.

(1) http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/01/25/20002-20190125ARTFIG00145-crise-au-venezuela-comment-le-pays-en-est-arrive-la.php

(2) Pour l’instant, elles ne sont guères nombreuses.

 

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