L’Algérie, dernier verrou du Maghreb

De gauche à droite, prière de rue en Algérie , Abdelaziz Bouteflika, généraux algériens, site pétrolier In Amenas.

Peuplé de 40 millions d’habitants, riche en hydrocarbures et en minerais de tous types, l’Algérie possède un fabuleux trésor. Malgré ce patrimoine, le pays échoue à se moderniser et à soustraire son économie de la rente pétrolière. Politiquement, Alger a toujours abrité des gouvernements autoritaires. Les tentatives de démocratisation se sont heurtées à l’extrémisme et au pouvoir militaire. La guerre civile algérienne (1991-2002) marque durablement l’imaginaire algérien. Qui n’a pas perdu un membre de sa famille ? un frère, une sœur, un fils, un parent. Toute la population garde les stigmates de ce conflit. Le gouvernement use de ce souvenir pour prévenir toutes envies de déstabilisations du régime. Les subventions alimentaires, la religion et la puissance de l’armée complètent le dispositif. Il y aurait trop à perdre à changer. Là est bien le problème, l’état actuel périclite et laisse la place à des luttes d’influences.


Les-espaces-de-la-guerre-civile-en-Algerie-de-1993-a-1997_large_carte

 

Cette affaiblissement n’apparaît pas de prime abord, mais l’absence de réforme économique efficace, et la présence d’un quasi parti unique n’offrent aucune alternative. L’usage de la religion comme moyen de coercition et l’achat de la paix sociale par les subventions verrouillent, mais ne font pas taire les envies de changement. Le futur apparaît bien sombre, il y a peu d’alternatives pour les individus de 0 à 29 ans. A force de stagner et pousser continuellement les changements à plus tard, le dispositif entier risque d’imploser.  Avec une population aussi jeune, le pays devrait connaitre un âge d’or. La croissance économique repose sur les richesses pétrolières et minérales et non sur une main d’œuvre jeune. L’Algérie connaitra des temps difficiles lorsque cette population deviendra âgée.

 

Pyramide des ages Algérie

Le Maghreb a connu de nombreux changements issu du printemps arabe et s’en trouve affaibli et sujet à la guerre civile. La Tunisie souffre économiquement et l’évolution politique ne concrétise pas encore ses promesses. A Tripoli, la guerre civile fait rage entre les différentes milices ( Misrata, Zintan et les milices tripolitaines). L’Egypte s’effondrerait sans les subventions américaines. Il ne reste donc que l’Algérie comme puissance régionale sur laquelle se reposer. Sa déstabilisation entrainerait immédiatement Tunis et Tripoli dans son sillage, sans oublier les pays du Sahel et dans une moindre mesure l’Europe.

A l’heure où l’entourage d’Abdel Aziz Bouteflika envisage sa candidature pour un cinquième mandat, la réforme profonde de l’état ne semble pas une priorité. La sauvegarde de la paix dans la région apparaît de plus en plus impossible à moyen et long terme. 

 

 

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