Le Printemps arabe

Ce grand mouvement social bouleverse la géopolitique actuelle de la région du Maghreb et du Proche-Orient. Il serait vain de tenter d’en comprendre l’origine sans appréhender le rôle du nationalisme arabe.

Ce courant idéologique a lentement germé au cours de l‘occupation ottomane et a gagné en maturité durant la colonisation européenne du 19ème et 20ème siècle, avec comme primat l’indépendance des populations. À la fin de la seconde guerre mondiale, la lutte contre la fin de la tutelle occidentale et la constitution de l’État hébreu forment un formidable véhicule pour la diffusion de ces théories.L’ensemble des Pays du Maghreb – exception faite du Maroc – voient l’installation de régimes nationalistes et autoritaires, leur objectif est double. Ils souhaitent assurer la libération de l’ensemble des populations arabes et moderniser leur pays à l’image des pays occidentaux. Bien que doté pour la plupart de nombreuses ressources naturelles, l’évolution de ces nations marque le pas.

L’absence d’élite et de système de formation n’assurent pas la reproduction sociale et l’éducation nécessaire à la mise en place d’une structure étatique solide. Certains de ces États possèdent des richesses, qui accentuent les inégalités, les élites concentrant les pouvoirs économiques et politiques entre leurs mains. La paix sociale est achetée avec des subventions et encadrée par une forte présence militaire. Avec le temps, le manque de réforme et les injustices quotidiennes forment un terreau favorable à l’émergence d’une amertume profonde parmi les peuples. Le suicide d’un marchand ambulant en Tunisie fin 2010, cristallisent l’attention de la population, cette dernière y voyant l’expression de ces problèmes quotidiens. Limité à la Tunisie, cette révolte se propage dans l’ensemble des pays arabes, chaque peuple se reconnaissant dans ce mouvement.

L’immobilisme des États issus du nationalisme arabe a créé un climat favorable à l’apparition d’une lame de fond de sociale. L’Egypte, l’Algérie et la Syrie s’avèrent être les derniers héritiers de ce legs de l’époque colonial :

• Le régime syrien lutte pour sa survie depuis 2011 face aux révolutionnaires et aux islamistes radicaux.

• L’Algérie a connu une guerre civile durant les années 1990, ce qui marque durablement les mentalités. Les algériens se souviennent des massacres au nom de la chute du régime, et ne souhaitent pas revivre des moments aussi durs. Tout en jouant sur les souvenirs, le gouvernent algérien achète la paix intérieure grâce à une importante rente pétrolière.

• L’Égypte a vu la chute d’Hosni Moubarak et la mise en place d’un éphémère régime démocratique. La victoire des frères musulmans et les réformes engagées contraignent l’armée égyptienne à un coup d’état, les militaires sortent victorieux de cette lutte d’influence.

Le nationalisme arabe vit ces derniers moments, exception faite si une refonte idéologique et une mise en place de réforme rapide est accompli. Les échecs de la révolution en Libye et en Syrie laissent un dernier répit aux successeurs de Nasser. La Tunisie est pour l’instant, le seul pays à réussir sa transition convenablement. A noter que Bahreïn fait figure d’exception, le Conseil de coopération du golfe envoie des troupes et étouffe la révolte en 2011. Les intérêts géostratégiques guident le maintien au pouvoir du régime et le silence des chancelleries occidentales. Il est fort probable que le peuple du micro-état se manifeste à nouveau.

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