L’État Islamique, nouvelle icône de la barbarie mondiale

Au mois de juin 2014, une organisation connue sous le nom d’État Islamique en Irak et au levant proclame la création d’un « califat » sur une partie de l’Irak et de la Syrie. La rapidité et l’ampleur de ses conquêtes surprend la communauté internationale. Pour appréhender l’apparition de cette organisation terroriste, il est nécessaire de comprendre le contexte favorisant la constitution d’un tel groupe.

Les bases de la discorde

Tout au long de son règne (1979-2003), le gouvernement de Saddam Hussein favorise les musulmans de confession sunnite (30 à 37 % de la population) au contraire des chiites et des kurdes, à ces dissensions s’ajoutent les rivalités entre les tributs. L’Irak connait des conflits destructeurs contre l’Iran (1980-1988) et la coalition internationale (1991), les structures détruites ne seront jamais rétablies. L’embargo auquel est soumis l’Irak dès 1991, (résolution 687 de l’O.N.U) lui interdit de se fournir les éléments nécessaires à sa reconstruction. Un programme pétrole contre nourriture (1996-2003) se met en place pour éviter une catastrophe humanitaire. Conflit religieux larvé, infrastructures déficientes, corruption, cet ensemble de facteurs forme le terreau propice à l’émergence d’une crise de la société civile. Ce fragile équilibre tient par l’autorité de Saddam Hussein, qui vole en éclat lors de l’invasion américaine de 2003 et s’en trouve même aggravé par la suite. L’eau manque ainsi que l’électricité et ce six mois après l’offensive. Une crise politique se profile avec l’écartement du pouvoir du parti Baas et des sunnites au profit de dirigeants chiites, qui favorisent les membres de leur fratrie. L’insécurité avec ses attentats et ses meurtres sont le quotidien des irakiens. L’image des U.S.A. déjà terni doit faire face à l’action de certaines sociétés de sécurité privée comme Blackwater. Dix ans après, il est possible de prendre la mesure de l’échec. La situation ne cesse d’empirer et des zones d’insurrections apparaissent après le départ des troupes américaines. Le pays est mûr pour sombrer dans la guerre civile.

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Une émergence fulgurante

C’est en janvier 2014 que le premier coup est porté à l’autorité du gouvernement Irakien, avec la prise de Fallouja par L’État islamique en Irak et au Levant, alors branche d’Al-Qaïda depuis 2003 (dont il se sépare en 2013). Le groupe Djihadiste réussit à jumeler l’idée de rébellion contre l’état irakien « chiite » et de djihad contre l’occident. Il emporte l’adhésion d’une partie des tributs et de la population sunnite, sans oublier les anciens membres du parti Baas. Cette nouvelle organisation terroriste trouve le vivier idéal pour recruter des troupes, pas seulement aguerries, mais qui ont la volonté de se battre pour un meilleur quotidien, que n’ont pu leur offrir les américains et le gouvernement irakien. La chute de Mossoul en Juin 2014 sonne le glas de la reconstruction américaine. A côté du conflit civil irakien, l’organisation extrémiste s’est taillé un territoire en Syrie grâce à la complaisance du régime de Damas. Ce dernier utilise l’État islamique pour écraser la rébellion modérée, ce qui aboutit à la prise totale de la province de Raqqa en juin 2014, ville martyre, capitale de ce nouveau «  régime ».


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Une réponse tardive

La réponse internationale n’a lieu que deux mois après, avec le début des frappes américaines le 7 août 2014. Dès lors, l’organisation terroriste ne prendra ni ne perdra guère de terrain, jusqu’à aujourd’hui. L’État terroriste dispose d’une assise forte auprès de la population, d’une organisation enrichie d’anciens fonctionnaires, de djihadistes provenant du monde entier, et de territoires prêt à subir son influence en grand nombre. La crise irakienne a permis a cette branche d’Al-Qaïda de gagner en crédibilité auprès de la population, d’obtenir le temps nécessaire à l’organisation d’un système financier et administratif. La révolution en Syrie a donné l’opportunité d’avoir une audience mondiale en effaçant les frontières établies par l’Occident.